Un exemple pris dans le domaine du football :
Pendant plusieurs matchs consécutifs, le milieu de terrain a nettement moins souvent passé la balle à l'ailier droit qu'à l'ailier gauche, bien que l'ailier droit ait été plus souvent démarqué. Les causes de ce comportement peuvent être multiples.

Sur le plan technique, il est possible que le joueur ne soit pas capable de faire une passe techniquement correcte vers la droite. Sur le plan tactique, il se peut qu’il ne sache pas lire correctement la défense.

Mais il peut aussi y avoir à cela plusieurs raisons psychiques. En voici quelques-unes :

  • La perception périphérique du joueur est limitée côté droit.
  • La capacité d’anticipation du joueur se trouve diminuée. L’ailier droit court plus vite que ce que le milieu de terrain est capable d’appréhender.
  • La mémoire du joueur est restreinte. Il ne parvient pas à retenir qu’il y a également un ailier à droite.
  • Il existe des différends de nature personnelle. Le milieu de terrain veut délibérément mettre l'ailier droit en mauvaise posture.

Un exemple pris dans le domaine du tennis :
Une jeune joueuse obtient des résultats très honorables sur terre battue. Mais sur les courts en dur, elle n’est pas capable d’atteindre le même niveau de performance. L’origine de cette différence de niveau peut naturellement s’expliquer ici aussi par des insuffisances corporelles ou par des erreurs techniques et tactiques. Cependant, ce sont les éventuels motifs cognitifs qui sont intéressants. Pour mieux comprendre, précisons que la principale différence entre la terre battue et le terrain en dur réside dans la vitesse du jeu. De par sa nature, le court en dur accélère énormément la vitesse de la balle.

  • La réactivité générale de la joueuse est trop lente pour les courts en dur. Les balles arrivent plus vite que ce qu’elle est capable de réagir.
  • La capacité d’anticipation de la joueuse se trouve diminuée. Elle n’est pas en mesure d'évaluer les balles rapides et droites (par rapport aux balles plutôt hautes et lentes des courts en terre battue).
  • La perception visuelle de la joueuse est diminuée. Les échanges rapides et dynamiques dépassent sa faculté de perception.
  • Son profil de personnalité correspond plutôt à celui d'une joueuse sur terre battue : patiente, défensive, évitant les erreurs, plutôt passive et attentiste. Le terrain en dur requiert un profil plutôt agressif, actif et enclin au risque.

Dans les deux cas, une batterie de tests ciblés (combinaison de plusieurs procédures) permet de déterminer rapidement où se situent les lacunes. Seul ce savoir permet d’intervenir précisément et au cas par cas.

Car si une chose s’avère décisive dans le sport de compétition, c’est bien le facteur temps. Les athlètes qui souffrent de problèmes aigus n’ont pas le temps de servir de sujet d’expérience ni de subir des erreurs d’intervention. Un diagnostic clair et net ainsi que la filtration du problème central, voilà ce que l'on attend de vous en votre qualité de psychologue du sport.

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